El Camino: l’interview

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El Camino est un projet municipal qui permet à des jeunes qui n’ont habituellement pas accès à la musique classique d’intégrer un orchestre. Pouvez-vous nous en dire plus?

Le projet El Camino, tel que je l’ai imaginé et rêvé, il y a maintenant près de 15 ans, c’est à la fois un projet culturel et social, civique et pédagogique. Je considère que l’orchestre symphonique est une micro-société idéale, que l’expression culturelle est un des derniers moyens d’aller chercher des enfants qui potentiellement n’ont pas accès aux médias d’expression artistique. Cet accès là, pouvait leur permettre de se développer en terme culture, citoyenneté et d’éviter certains périls auxquels ils peuvent être exposés.

Selon vous, qu’est-ce que cela apporte à ces jeunes et pourquoi vous semble-t-il important d’avoir accès à la musique classique?

El Camino, c’est un lieu et une charte vestimentaire et civique dédiées. Tout cela permet aux enfants d’apprendre la musique mais aussi la citoyenneté, la solidarité, l’entraide, le travail individuel -la souffrance de travailler tout seul pour atteindre un résultat- mais aussi le travail collectif, le soutien aux autres, le respect d’une hiérarchie. Tout cela fait qu’on fabrique aussi des citoyens aboutits et libres pour demain.

El Camino est dirigé par Fayçal Karoui, un chef d’orchestre reconnu par la profession. Etait-il important que ce projet soit mené par un professionnel tel que lui?

Oui, c’est clair! Il était indispensable d’avoir des professionnels artistiques, pédagogues, praticiens de la musique qui avaient cette fibre sociale. L’orchestre que dirige Fayçal Karoui a été l’un des 1ers orchestres de France à aller jouer au pied des tours, dans les quartiers éloignés de la musique classique, dans la prison, vers les centres sociaux. Cet orchestre-là pouvait mettre en musique ce projet politique.

Au quotidien, c’est toute une équipe enseignante qui oeuvre autour de Fayçal Karoui pour développer les compétences de ces enfants. Qui sont ces personnes?

Ce sont d’abord des musiciens, des dumistes, musiciens de l’orchestre, artistes pédagogues. Des gens qui mettent à la disposition des enfants leur capacité artistiques et de pédagogues. Des gens formidables! On a une équipe absolument extraordinaire! C’est ce qui fait que c’est le plus abouti des orchestres des enfants des quartiers de France.

Vous êtes à l’origine du concept El Camino. Pouvez-vous nous raconter comment cela s’est passé?

Le concept a été inventé par Abreou au Vénézuela. Je suis à l’origine de sa naissance à Pau. J’ai découvert l’orchestre Simon Bolivar et le principe du sistema vénézuelien: un projet social et culturel à l’échelle d’un pays par le biais de la musique. Je me suis dit qu’il fallait l’adapter à Pau.

Pourquoi le dispositif s’appelle-t-il El Camino?

Antonio Machado a écrit de belles lignes sur le marcheur « Toi qui marche, il n’existe pas de chemin. Le chemin se fait en marchant. L’aboutissement du chemin n’est pas connu au point de départ. » C’est exactement ça l’aventure de ces enfants: les mettre sur un chemin qu’ils n’avaient jamais imaginé emprunter. Ils ne savent pas où ils vont mais ils vont vers un avenir meilleur qu’ils arrivent à conquérir grâce à la musique.

Combien d’enfants ont eu accès à ce projet?

80-190 enfants sont intégrés à ce projet.

L’orchestre est maintenant constitué mais est-ce que ce concept va être reconduit ou développer pour en faire profiter de nouveaux jeunes?

Notre ambition est d’en faire un orchestre pérenne. J’espère que d’autres enfants pourront y avoir accès et j’espère surtout que cette expérience va devenir contagieuse auprès des autres orchestres de France et de Navarre.

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