Matthieu Chedid, l’interview

Matthieu Chedid
©Yann_Orhan

Vous avez déjà fait plus de 40 dates à ce jour, comment se passe cette tournée?

Elle se passe très très bien! Là, c’est la tournée d’été donc c’est une autre couleur, une autre humeur. On s’adapte au lieux estivaux. C’est une autre ambiance.  Une très belle expérience. Il y a une vraie communion avec le public. En plus, je sors d’une semaine assez magique puisqu’au-delà de mes concerts, j’ai vécu 3 rencontres musicales extrêmement importantes. J’étais avec Roger Odson (le chanteur de Supertramp, la semaine dernière aux arènes de Nîmes, , Marcus Miller et Quincy Jones le dernier jour. C’était des moments de grande magie pour un musicien.  J’étais un peu aux anges.

Vous avez ajouté 20 dates supplémentaires dont un 2ème passage par le Zénith de Pau. Est-ce parce que Pau est un terroir de fans et qu’une seule date ne suffisait pas?

Quand on rajoute des dates, c’est effectivement par rapport à la demande et c’est toujours un miracle et une chance de remplir des salles. Je suis toujours le premier ébahi et émerveillé par ça. A priori, effectivement, la demande est assez forte donc effectivement c’est pour ces raisons-là qu’on revient et avec plaisir.

20 années de carrière, le concert est un concentré de tubes mais pour quelles raisons avez-vous fait le choix d’un concert plus intimiste:  seul sur scène, du sampling, de l’!instrumental?

C’est intimiste parce que je suis seul sur scène mais c’est aussi explosif et dynamique. Je pense que c’est pour ça que les gens s’y retrouvent. C’est un concert très très énergique. Et, le public est étonnant. C’est complètement incroyable parce que d’un seul coup, le public devient une chorale géante. Je suis toujours émerveillé devant une telle communion.

Dans l’Alchimiste, vous dites: “Je ne veux pas de voile; je veux être moi-même”. Vous êtes pourtant de puis 20 ans un personnage. Est-ce la fin de M pour la génération Matthieu Chedid?

Non parce que je trouve qu’on n’est jamais plus soi-même que quand on a un masque. Nietzsche disait: “ Nous ne croyons pas que la vérité reste encore vérité quand on lui enlève ses voiles ”. Et c’est pourtant ça. Je me dévoile beaucoup à travers mon personnage. Et c’est même grâce à lui que je me livre autant. Mes concerts ou mes albums et M, tout ça c’est une part de moi et je peux réellement l’exprimer derrière ce voile qu’est mon personnage. Ce concert est un condensé de toute ma vie. J’aime être plusieurs personnages. Ça donne une certaine dimension à la liberté. C’est aussi pour ça  que je change de look tout le temps pendant ce concert; c’est ce qui me permet de dévoiler chaque fois autre chose.

Vous avez écrit cet album comme on écrit des lettres. Vous l’avez mis dans une enveloppe. Quelle symbolique est-ce que cela a pour vous? Et est-ce que vous attendez une réponse à ce courrier?

C’est une bonne question ça parce que, pour moi, la lettre est universelle et infinie. Mais c’est une lettre d’amour et le véritable amour n’attend pas de réponse. Alors, non, je n’attends pas de réponse. C’est une lettre d’amour à mon public mais aussi aux gens que j’aime et dont je parle ou qui collaborent dans cet album: ma fille, ma femme, ma grand-mère… C’est un disque intimiste mais aussi dansant et solaire. Et puis, on parle de l’intime pour parler de l’universel. La lettre me paraissait appropriée pour faire passer des messages.

L.O.Ï.C.A me fait penser à L.A.E.T.I.T.I.A de Gainsbourg. Lorsque vous écrivez des chansons, vous laissez-vous inspirer par des artistes que vous appréciez?

Oui, c’est sûr! On est nourri par plein de choses et forcément par les artistes qui nous habitent. A 6 ans, j’étais sur ces genoux. J’ai baigné dans cet univers (…) Alors oui, c’est un clin d’oeil à  Gainsbourg  qui est un très grand artiste de la chanson française. Et puis j’aime faire des clins d’oeil, comme porter des repetto sur scène…

Vous utilisez beaucoup la langue des oiseaux dans cet album («Museum de femmes fatales / Muse et homme de femmes fatales»), est-ce que c’est juste dans le cadre de compositions ou est-ce qu’au quotidien ce langage vous parle?

Je suis sensible à la langue des oiseaux parce que j’aime l’émerveillement. J’aime jouer avec les mots, la musique. J’aime jouer comme un enfant! Et puis j’aime ces sens sacrés, secrets qui peuvent se cacher derrière nos mots.

Même si on reconnait la patte Mathieu Chedid, Lettre Infinie, c’est aussi un album plus engagé, qui dispense des messages comme la quête du bonheur, l’écologie… Vous avez envie de transmettre aujourd’hui?

Oui, sans doute plus depuis que je suis devenu père pour la 2ème fois. Je pense qu’il faut rester ouvert. Et, dans ce monde qui m’entoure, m’inspire et me fait peur parfois, je crois à la vibration, au positif. Je me sens connecté à la terre, aux  arbres, à l’avenir. Même si le monde peut être effrayant, je crois en l’avenir et au positif. J’aime le positif!

Comme votre père l’a fait pour vous en son temps, vous passez le flambeau à votre fille sur cet album. Est-ce qu’une nouvelle tournée de la tribue Chedid est quelque chose auquel vous pensez?

Ce serait réjouissant! Mais je ne la force pas. Ça s’est fait naturellement et c’est ça qui est beau. Elle a cette chance d’être très talentueuse. Mais elle a besoin aujourd’hui de faire des choses de son âge, avec ses amis. Elle reviendra à la musique quand elle en aura envie. Mais l’idée me plairait beaucoup, oui!

Vous êtes fort occupé ces derniers temps, mais est-ce que vous avez déjà des projets dans la tête pour la suite?

Oui, plein!  Mais c’est secret! Je ne peux pas encore en parler mais j’en ai beaucoup qui m’occupent en ce moment. Disons juste que certains de ces projets ouvrent sur l’international…

Jeudi 10 Octobre à 20h

Au Zénith de Pau

Tarifs: de 35 à 69€

Réservation: 05 59 80 77 44 ou sur la billetterie en ligne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *